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L’Envol n°184, avril 2015

 

Édito
Au moment où les collectivités et l’État se trouvent confrontés aux fortes diminutions de leurs moyens financiers, trois dossiers d’actualité méritent une profonde concertation et surtout une analyse pertinente. Je vous livre mes réflexions  :

1. L’aéroport de Saint-Étienne Bouthéon …
… que certains ont rebaptisé «  Saint-Étienne Aéroport  », comme si le simple fait d’en changer le nom suffisait à lui redonner un avenir …
Plus sérieusement, ce type d’équipement dans les années 1960-1980 se justifiait dans le cadre de l’aménagement du territoire et de l’accès à la capitale. L’ouverture des lignes TGV et leurs liaisons avec Paris ont eu raison de l’attractivité des aéroports de province, sachant qu’elles étaient largement subventionnées par l’État.
Depuis maintenant quinze ans au sein du Comité d’organisation stratégique de l’aéroport, toutes les opportunités de développement de cet outil ont été recherchées sans succès, si ce n’est l’accueil de lignes low cost. Mais elles n’apportent rien à l’économie locale, puisque les trois lignes actuelles n’ont d’attractivité que dans le sens des départs en direction de Porto, Fès et Istanbul pour chacune des nationalités concernées, qui au retour, rejoignent de suite leurs lieux de vie.
En revanche, le coût de fonctionnement augmente sans cesse, avoisinant les trois millions d’euros par an. Et plus nous développons ce type de lignes, plus nous creusons le déficit, qu’il est insupportable de financer avec l’argent des contribuables, qu’il soit collecté et reversé par la Chambre du commerce et de l’industrie (CCI), les communautés d’agglomération ou de communes ou le Conseil départemental.
Une fois de plus, certains défenseurs inconditionnels de l’aéroport, après avoir défendu le fait qu’il sagit d’un outil de développement économique, vont surfer sur la création de la nouvelle Région Rhône-Alpes Auvergne pour nous dire qu’il se trouve au centre et développer d’autres théories diverses et variées.
Ayons le courage politique de dire stop et adaptons l’outil à l’usage, c’est-à-dire un aérodrome au service de ceux qui font le territoire. Arrêtons ce financement sans fin d’un équipement dépassé par la réalité économique.

2. L’autoroute A45
Je me souviens d’un temps où l’on parlait de l’A45 comme d’un tronçon de la diagonale Bordeaux-Genève.
Qu’en reste-t-il aujourd’hui, avec la non-réalisation d’un pont franchissant le Rhône et le refus du Grand Lyon et de la Région Rhône-Alpes de réaliser le barreau reliant la rocade Est  ?
On peut donc aisément penser que l’A89, une fois définitivement bouclée avec l’A6, devienne ce tronçon manquant de l’axe Bordeaux-Genève.
Quid de l’A45  ? Si ce n’est une fois de plus la fin définitive du projet. Il nous appartient donc de redéfinir l’objectif. Il manque à notre territoire une liaison sécurisée entre Saint-Étienne et Lyon, que n’offre pas l’A47 actuelle (soit dit en passant, depuis 40 ans, nous aurions mieux fait de nous battre pour l’amélioration de l’A47).
Que nous manque-t-il dans cette optique, si ce n’est une liaison entre Saint-Chamond et Brignais, permettant d’accéder à Lyon (même si la partie entre Brignais et l’A7 est déjà saturée aux heures de pointe) ? Et une amélioration de l’A47 pour la direction du sud, évitant de fait le croisement des flux de circulation  ?
L’appel d’offre pour la concession prévoit 1,2 milliards d’euros de travaux avec, à la charge de l’État et des collectivités, une participation à hauteur de 800 millions d’euros, pour un tronçon reliant La Fouillouse à Brignais.
Comment a-t-on pu s’engager sans connaître le coût à financer par les collectivités, de l’ordre de 400 millions  ?
Pensez-vous que les habitants de Saint-Étienne et de la Haute-Loire viendront prendre l’autoroute à la Fouillouse en payant pour se rendre à Lyon, alors que jusqu’à Saint-Chamond il n’y a aucun problème de circulation depuis la mise à trois voies pour la Coupe du monde de 1998 ?
Nous pourrions donc financer sans concessionnaire la partie Saint-Chamond – Brignais représentant environ la moitié de la distance. L’accès serait gratuit pour les usagers, puisqu’ils l’auront payé par leurs impôts ou par l’intermédiaire d’une Société d’économie mixte ou d’une Société publique locale, les péages finançant l’investissement et l’entretien.

3. La troisième ligne de tram de Saint-Étienne
La période économiquement compliquée ne plaide pas pour la réalisation d’investissements aussi importants, impactant bien évidemment la capacité d’investissement de l’agglomération. Néanmoins, le bouclage de la ligne historique avec la ligne de Châteaucreux desservant les équipements structurants de l’agglomération (Zénith, Stade Geoffroy Guichard, Comédie, etc.), mais aussi l’espace économique du Technopole avec près de 3 000 emplois, parait un investissement porteur d’avenir pour les décennies à venir et les populations qui en bénéficieront.
Il nous appartiendra donc là aussi d’adapter l’équipement à l’usage sans fioriture, mais avec pragmatisme et efficacité.

Jean-Claude SCHALK
Maire

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