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L’Envol n°214, janvier 2018

 

Discours de la cérémonie des vœux

En 2017, le terrorisme a durement frappé de grandes métropoles européennes, Londres et Barcelone en particulier, épargnant à la France des attaques majeures semblables à celles de Paris ou de Nice, qui marqueront à jamais nos mémoires. Nous pensions que de tels actes ne pouvaient pas se produire dans la patrie des droits de l’homme, mais force est de constater que nulle part sur terre, nous ne sommes à l’abri de telles cruautés. Nous pouvons, je le crois, remercier et féliciter tous les services de l’État en charge de notre sécurité. Il est heureux de penser que les valeurs de notre République puissent répondre positivement à ces situations.

L’élection présidentielle du printemps dernier, telle un tsunami, a dévasté et mis à bas les partis politiques traditionnels tels que nous les connaissions. Si certains ont clairement payé des pratiques du passé, si d’autres sont restés campés sur leurs certitudes, un homme, issu de la société civile, en dehors de tous les partis, a lancé un mouvement citoyen dénommé « En marche ». Contre toute attente, il s’est propulsé jusqu’à l’Élysée, devenant ainsi le plus jeune président de notre République.
Un parler vrai, une volonté affirmée de mettre en place les réformes nécessaires à notre pays, une ambition de réussite pour nos entreprises, une détermination à redresser les finances publiques, une fermeté à faire respecter les Lois de la République, celui que les médias désignent comme le « président des riches », bouge fortement les lignes, agace grandement les institutions, l’Europe en particulier. Il affirme jour après jour sa volonté de redresser notre pays. Si aujourd’hui il demeure des interrogations sur celui qu’il est vraiment, sa cote de popularité comme celle de son Premier Ministre, donnent au gouvernement qu’ils conduisent, toute latitude, pour moderniser notre vieux pays.
Dans la droite ligne de l’élection présidentielle, les élections législatives ont, telle une deuxième vague de tsunami, renversé un grand nombre de députés en place, sans distinction pour ceux qui n’avaient pas démérité. Je tiens ici à remercier Paul Salen pour son implication dans sa circonscription, et lui redire toute mon amitié. Espérons pour notre pays, que ces nouveaux élus de la République aillent au bout des changements promis, en réformant largement nos institutions, leurs modes d’élections et en harmonisant le calendrier électoral.

À l’heure où nos sociétés sont de plus en plus en danger, et les démocraties de plus en plus mises à mal, il nous appartient de rester vigilants et de faire en sorte que chacun soit acteur de sa sécurité mais aussi de celle d’autrui, et que l’égoïsme grandissant qui gangrène notre quotidien, ne soit plus ou pas la réponse apportée à nos inquiétudes.

Les moyens de communication, censés rapprocher les hommes, en les mettant en relation avec l’autre bout de la planète en simultané, les enferment en fait, au quotidien, dans des échanges limités à leur microcosme. Aurions-nous oublié que le téléphone, lorsqu’il fut inventé par Alexander Bell, était une promesse de liberté et de rapprochement des hommes  ? Et que dire d’Internet, cette géniale ouverture sur le monde et sur la Connaissance, aujourd’hui dévoyée, au point que, sous couvert de pseudos, certains ne l’utilisent que pour colporter mensonges, haine et diffamation  ?

À ce titre, les très nombreuses manifestations ouvertes à tous, que nous organisons, n’ont de sens et d’intérêt que si elles permettent aux hommes et femmes du territoire de se rencontrer, d’échanger et de partager ensemble des moments de plaisir et de joie.
Cependant, je constate de plus en plus de repli sur soi de la part de communautés, alors que nous déployons d’énormes efforts et d’initiatives pour lutter contre ce phénomène, berceau du communautarisme. Il nous appartient de le combattre, il est le terreau propice à l’incompréhension, au rejet des modes de vie de nos habitants.
Avec l’arrivée des immigrés économiques dans les années 1960-70, celle des migrants provoquée par la déstabilisation de leur pays d’origine et les guerres qui les ont jetés sur les chemins de l’exil, mais aussi la quête d’un eldorado promis par les trafiquants et passeurs sans scrupule, notre société est aujourd’hui de plus en plus multiculturelle et de ce fait multi-religieuse.

Si certains pays, historiquement multiculturels ont réussi, non sans mal, à trouver un équilibre leur permettant de vivre ensemble, en France, il reste difficile de trouver cette juste mesure, indispensable à la cohésion. Il nous appartient d’être en capacité, à minima, de vivre les uns à côté des autres, dans le respect des règles de la République, s’appuyant sur notre devise « Liberté, Égalité, Fraternité » à laquelle j’associe toujours la laïcité.
Le principe de laïcité doit être renforcé, afin de garantir à tous les citoyens, quelle que soit leur conviction philosophique ou religieuse, de pouvoir vivre ensemble dans la liberté de conscience, la liberté de pratiquer une religion ou de n’en pratiquer aucune, l’égalité des droits et des devoirs, la fraternité républicaine.
La laïcité n’est pas une opinion parmi d’autres, mais la liberté d’avoir une opinion. C’est pourquoi elle n’est ni pro ni antireligieuse.
Prenant appui sur la loi de 1905 de séparation de l’Église et de l’État, nous n’accepterons jamais que ce principe soit remis en cause. Il est inadmissible et intolérable que certaines religions souhaitent s’en exonérer sur notre terre de France, terre des Droits de l’homme, terre d’accueil certes, mais aussi terre d’Histoire, riche de son passé et de ses valeurs.
Le dossier d’agrandissement du lieu de culte de l’association Idéal et culture à laquelle dès 2007, j’avais loué l’ancienne gare de Bouthéon désaffectée, montre combien la peur et le rejet de l’autre, surtout s’il pratique une autre religion, sont grandissant dans notre pays. J’assume pleinement, avec le soutien total de mon équipe municipale, le choix de permettre cet agrandissement de la mosquée en vendant le bien actuel.
Faisant confiance au bon sens et à la raison, je suis convaincu que le dialogue viendra à bout des tensions et de l’incompréhension, ainsi nous trouverons un compromis acceptable pour tous, permettant de mener à bien ce projet. Par ailleurs, je reste persuadé qu’il s’agit du lieu le plus approprié à son implantation.
Notre société bouge, nos institutions de même, l’agglomération de Saint-Étienne Métropole, après une étape en communauté urbaine, franchit un nouveau seuil en devenant métropole, rejoignant ainsi le cercle des grandes métropoles qui jalonnent le pays.
Il y a près de quinze ans, j’appelais à une communauté urbaine autour de la ville centre de Saint-Étienne, de sa communauté de communes mais aussi de la Communauté de communes du pays de Saint-Galmier (CCPSG) et de Forez-Sud. Des ambitions et des enjeux politiques n’ont pas permis cette organisation de notre territoire.
Le schéma de coopération intercommunale, non abouti à mon gré, avec un découpage ne prenant pas en compte les vrais bassins de vie de nos concitoyens, n’a pas répondu aux enjeux du territoire.
Il y avait une opportunité qu’il nous fallait saisir, mais cette évolution à marche forcée s’est faite très vite, trop certainement, et l’organisation administrative a du mal à suivre et à mettre en place les structures nécessaires à son bon fonctionnement.
Ce grand chambardement a vidé les communes de leur substance et de leurs compétences essentielles, et aujourd’hui le pouvoir administratif prend le pas sur le pouvoir politique, tandis que les décisions que nous étions en capacité de prendre en un mois demandent quatre, voire six mois à Saint-Étienne Métropole (SEM).
Quand bien même nous avons créé des pôles de proximité, nous n’avons pas, à mon avis répondu aux besoins de proximité des élus et de la population. La loi portant la Nouvelle organisation territoriale de la République (loi Notre) impose la suppression des syndicats à l’horizon 2020, et il est à parier qu’à la suite des prochaines élections municipales, le Syndicat des parcs d’Andrézieux-Bouthéon (Sipab) créé entre Andrézieux-Bouthéon et Saint-Étienne, disparaitra et sera intégré à SEM. 
Ce syndicat, que je préside depuis 1998, verra cette année 2018, un formidable développement, avec la construction :
– Des établissements Pichon sur 6 hectares,
– Du bâtiment Goodman pour le distributeur C Discount sur 14 hectares,
– D’une pépinière d’entreprises sur 1,5 hectare par la Sarl Locamag,
– D’une nouvelle unité des établissements Modertech sur 1 hectare,
– L’agrandissement des établissements Haubtmann sur 1,5 hectare,
– Ainsi que le développement de la société SNF,
– Et ce, sans compter le programme en cours de construction au parc de la Gouyonnière sur 2 hectares.
Ces implantations nouvelles ou ces agrandissements représentent près de 1 000 emplois nouveaux sur notre territoire.

Gageons que dans un esprit de bon sens, au-delà des calculs simplement mathématiques et des théories philosophiques, la troisième édition du Plan local de l’habitat, porté par l’agglomération, permette à notre commune d’accueillir de nouvelles familles venues y travailler.
Si nous ne sommes pas en capacité de leur offrir un habitat proche de leur travail, il nous appartiendra de faciliter le transport des employés.
Il est urgent que l’Agglomération et la Région se penchent sur le dossier des transports en commun entre la plaine du Forez et la ville centre, en développant la liaison ferroviaire, en créant une gare multimodale avec parking relais, équipements que nous avions inscrits dans nos documents d’urbanisme depuis près de 20 ans.
Avec l’extension de notre agglomération vers la plaine, qui à mon avis n’est pas terminée, notre Commune par son dynamisme, ses équipements de qualité, son attractivité, se positionne comme la porte d’entrée Nord de SEM. 
Les syndicats du Syprofors et des Trois ponts devraient également disparaitre, SEM assurant déjà les compétences de l’eau et de l’assainissement. Les choix techniques, les divers investissements et les travaux réalisés, depuis 20 ans que je les préside, ont permis d’avoir des tarifs les plus bas du territoire. Il est à craindre que la convergence tarifaire au sein de l’agglomération, pénalise nos habitants. Je reste persuadé que supprimer les syndicats est une erreur, et que la perte essentielle en sera l’efficacité.
Dans le même esprit, les dépollutions des sites Barriol & Dallière et France Loire, verront, je l’espère, une avancée significative dans la reconquête de ces friches industrielles avec la création de parking et de parcs publics. L’attitude rigoriste de la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal) constitue un frein à toutes les avancées pragmatiques dans le traitement des pollutions et la réutilisation des sites. Je pense que cette situation n’a que trop duré et nous ne pouvons plus accepter ces blocages. J’ai toute confiance en Monsieur le Préfet, et en ses services, pour proposer une solution acceptable et définir des seuils de dépollution raisonnables à atteindre et conformes à l’usage futur des sites. Nous sommes prêts à intervenir sur ces deux tènements, avec des projets valorisants pour l’environnement de notre commune.
Notre collectivité doit s’adapter à tous les changements induits par les remontées de compétences à la Métropole, c’est pourquoi la réorganisation de certains postes est nécessaire. Alors que nous faisons les efforts indispensables à la maitrise de la masse salariale, une simple décision de l’État sur la revalorisation des traitements des fonctionnaires impacte notre budget de près de 120 000 €.
On nous parle de plus en plus du salaire au mérite, nous l’avons mis en œuvre depuis que je suis Maire. C’est le régime indemnitaire dont le montant est conditionné à la manière de servir, il permet à chaque agent de percevoir des primes modulées en fonction de sa technicité, de ses résultats et de son implication. Le nouveau régime indemnitaire que nous aurons l’obligation de mettre en place en 2018, lissera ces modulations, en créant des catégories d’agents qui auront droit à la même prime, quel que soit le service rendu.
J’appelle depuis que je suis Maire, à la réforme du statut des fonctionnaires, en considérant qu’ils sont nécessaires à notre société, mais en permettant aussi et surtout, de lutter contre ceux, qui profitent sans vergogne, de leur situation de privilégiés. L’administration est engluée dans un carcan de normes et de règles toutes plus contraignantes les unes que les autres, ce sont des freins à toutes actions de développement.

Notre commune se porte bien, elle compte 10 081 habitants, plus de 10 000 emplois, et 1 000 de plus dans les deux ans qui viennent, son attractivité est connue et reconnue. Le centre bourg ne manque pas de dynamisme depuis sa transformation, l’association des commerçants a tout notre soutien. Le tissu associatif local fait preuve d’un dynamisme sans limite avec près de 150 associations et 8 000 adhérents. Les plus démunis ne sont pas oubliés, à travers le centre communal d’action sociale, mais aussi le centre social du Nélumbo et les différentes associations caritatives installées et soutenues financièrement au sein du pôle Les 4 épis, lieu certainement unique en son genre.
Notre volonté affirmée de maintenir un niveau d’imposition très faible, conformément aux engagements pris, s’illustre dans la baisse du taux des taxes ménages de 2 % par an depuis 6 ans, alors que dans le même temps nous avons perdu 1 200 000 € de dotation de l’État.

J’ai toujours affirmé qu’il nous appartient de faire des choix réfléchis et assumés, et dès cette année, sans pour autant baisser les subventions aux associations, nous modifions sensiblement certaines pratiques et habitudes. Notre soutien financier n’est pas un dû, mais une reconnaissance de l’action conduite sur la Commune, qui s’ajoute aux moyens matériels mis à disposition. L’objectif est de permettre aux bénévoles qui s’investissent et donnent sans compter leur temps, de mener à bien l’engagement pris auprès de leurs adhérents.
Les associations sont des creusets, créateurs de lien social, elles permettent aux femmes et aux hommes qui pratiquent une activité de se confronter à eux-mêmes, de se confronter aux autres, mais aussi de partager et d’échanger. Je n’oublie pas que ce sont de formidables écoles de la vie pour les plus jeunes mais aussi des vecteurs forts de communication de notre merveilleuse ville d’Andrézieux-Bouthéon.

En vous souhaitant une bonne année 2018, permettez-moi de vous féliciter et de vous remercier pour votre engagement. Dans une société de plus en plus tendue,
- Les services publics (sécurité, police, gendarmerie, police municipale, pompiers),
- Les services de santé (médecins, infirmiers, spécialistes et toutes les professions libérales),
- Le service de la justice (procureurs, magistrats, avocats, etc.),
- Les services de l’action sociale (sécurité sociale, Caisse d’allocations familiales, mutuelles, assurances),
- Et les acteurs de l’éducation et de la formation, notamment,
sont les garants d’une cohésion sociale indispensable à une qualité de vie, digne d’un pays comme la France.

Pour ma part, je m’appuie sur une équipe municipale, certainement la plus homogène, la plus compétente, la plus sincère et la plus complémentaire que j’ai eu à conduire, assurant pleinement les responsabilités dans les délégations que je leur ai confiées.
Quant aux différentes équipes qui gèrent ou conduisent les actions et équipements dont ils ont la charge, je leur exprime toute ma gratitude et salue leur volonté et leur engagement dans la réussite de nos projets politiques pour notre commune.

Bonne et heureuse annee 2018 à tous  !

Jean-Claude SCHALK
Maire

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